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21) En savoir plus sur: autour du Plan d'Amont: refuge du Fond d'Aussois et lac du Génépy
Airelle rouge Armérie des Alpes Armoise des glaciers Campanule du mont Cenis
Centaurées Clématite des Alpes Dent Parrachée Epeire diadème
Gentiane alpine Gentiane de Bavière Joubarbe des montagnes
Linaire alpine Lis de Saint Bruno Lis martagon Nigritelle noire
Orchis grenouille Renoncule des glaciers Rhododendron ferrugineux
Saxifrage incrustée Swertie vivace Traquet motteux Vératre blanc
1)La Saxifrage incrustée (Saxifraga crustata) pousse sur rochers calcaires jusqu'à 2200m. Ses feuilles sont, comme celles de la Saxifrage paniculée, bordées de concrétions calcaires, mais elles sont beaucoup plus longues et beaucoup plus étroites.
2)Le Rhododendron ferrugineux (Rhododendron ferrugineum), surnommé à juste titre la Rose des Alpes, est un arbrisseau qui illumine de ses fleurs rouges la "zone de combat", cette zone située entre la forêt et les derniers arbres. La face inférieure de ses feuilles est couverte de poils en écusson de couleur jaune puis rouille, expliquant son nom. Ces poils sécrètent une substance donnant au Rhododendron son odeur caractéristique. L'intérieur de ses fleurs est garni de cils entrecroisés et seuls les insectes suffisamment puissants pourront les écarter et récolter le nectar. Le Rhododendron ferrugineux croît sur sol siliceux; sur calcaire, il est remplacé par le Rhododendron hérissé (Rhododendron hirsutum): c'est un exemple de vicariance édaphique (voir à ce mot dans le lexique).
3)La Clématite des Alpes (Clematis alpina) est une liane (l'une des rares lianes de France) dont les sarments lignifiés, pouvant atteindre 2 mètres de long, s'enroulent volontiers autour des résineux.
4)La Dent Parrachée appartient, comme la Grande Casse et la Grande Motte, à la nappe de charriage de la Grande Motte; ces trois sommets sont constitués de calcaires du Lias (qui se sont formés au fond de la mer alpine pendant la partie de l'ère secondaire appelée Jurassique inférieur ou Lias), surmontés de calcaires du Jurassique supérieur (qui se sont formés au fond de la mer alpine pendant la partie de l'ère secondaire appelée Jurassique supérieur).
5)Le Lis de Saint Bruno (Paradisea liliastrum) recherche les sols riches et les expositions ensoleillées. Ses grandes fleurs parfumées sont toutes tournées dans la même direction. Malgré son autre nom de Paradisie faux lis, c'est bel et bien un lis; et Paradisie n'a rien à voir avec le paradis, mais vient de Giovanni Paradisi, comte italien du XVIII ème. siècle.
6)Les Joubarbes sont le type même des "plantes grasses", adaptées aux stations sèches (on parle de xérophytes): leurs feuilles sont "succulentes", c'est-à-dire qu'elles sont gorgées d'eau, servant de réserve en cas de sécheresse; elles sont également coriacées, ce qui limite l'évaporation. Celles de la base de la plante sont groupées en rosettes, comme de petits artichauts; plaquées ainsi contre le sol, elles profitent au mieux de la chaleur emmagasinée par celui-ci. Chez la Joubarbe toile d'araignée (Sempervivum arachnoideum), elles sont reliées par un réseau de poils blanchâtres protégeant la plante d'une humidité excessive. La présence de ces poils permet d'identifier facilement la Joubarbe toile d'araignée. La distinction entre la Joubarbe des toits (Sempervivum tectorum) et la Joubarbe des montagnes (Sempervivum montanum),photographiée ici, est un peu plus délicate; la Joubarbe des toits est plus grande (20 à 60cm, contre 5 à 15 pour la Joubarbe des montagnes), ses feuilles sont d'un vert glauque et très pointues, alors que celles de la Joubarbe des montagnes sont vert mat, ont leurs pointes moins effilées, et sont couvertes de poils à odeur de résine. Les fleurs de la Joubarbe des toits sont rose terne, celle de la Joubarbe des montagnes sont rouge pourpre.
7)La Swertie vivace (Swertia perennis) est une gentiane. Rare, on la trouve en bordure de ruisseau ou dans les zones marécageuses, d'où son surnom de Gentiane des marais. Chacun de ses cinq pétales possède à sa base deux petits nodules foncés et brillants: des nectaires, qui produisent le nectar.
8)L'Armoise des glaciers (Artemisia glacialis) se distingue des autres armoises par ses capitules regroupés au sommet des tiges. Les armoises appartiennent à la famille des Asteracées (anciennement appelées Composées): chaque capitule n'est pas une fleur mais une multitude de fleurs tubulaires jaunes; leurs feuilles sont très joliment découpées et plus ou moins recouvertes d'un duvet argenté. Beaucoup sont riches en essences aromatiques: les génépis sont des armoises ( l'Armoise des glaciers est surnommée le génépi des Savoyards). Dans la Sierra Nevada, Artemisia glacialis n'existe pas et est remplacée par une espèce voisine: Artemisia granatensis; ces deux espèces, dites vicariantes, descendent sans doute d'une même espèce souche qui s'est développée dans les deux massifs à une époque où ils étaient reliés par des chaînes montagneuses permettant les échanges de gènes; après la disparition de ces chaînes, la souche a évolué de façon différente dans les Alpes et dans la Sierra Nevada, aboutissant aux deux espèces vicariantes actuelles: il s'agit d'une forme de vicariance géographique; il existe de nombreux autres exemples de vicariance (voir à ce mot dans le lexique).
9)L'Airelle rouge (Vaccinium vitis-idaea) est un sous-arbrisseau dont on connaît plus les baies (rouges et juteuses), que les fleurs pourtant joliment campanulées; ses feuilles ont des bords épaissis et enroulés et leurs faces inférieures sont piquetées de glandes brunâtres. Tout ceci la différentie de la Busserole (Arctostaphylos uva-ursi) dont les baies sont rouges mais farineuses, les fleurs en forme de cruche étranglée à l'avant, et les feuilles à bords non enroulés et à la face inférieure parcourue par un réseau de nervures dense.
10)L'Armérie des Alpes (Armeria alpina) égaie de rose les rochers, éboulis et prairies humides, sur calcaire comme sur terrain acide, au-dessus de 1700m. Ses fleurs sont groupées en inflorescences globuleuses entourées d'une gaine parcheminée brunâtre qui produit, quand on touche la fleur, un bruit de papier de soie froissé. Les feuilles, étroites et allongées, sont groupées à la base des tiges.
11)La Gentiane de Bavière (Gentiana bavarica) pousse sur terrains humides. Aux altitudes moyennes, ses feuilles sont imbriquées en une colonnette le long de la partie basse de la tige, alors qu'elles sont distantes les unes des autres sur sa partie supérieure; en haute altitude, la Gentiane de Bavière a un port plus ramassé et les feuilles forment une colonnette tout le long de la tige: c'est la variété subacaulis. Dans les deux cas, cette disposition permet de différentier la Gentiane de Bavière de la Gentiane printanière (G. verna), chez laquelle les feuilles forment une rosette à la base de la tige.
12)La Gentiane alpine (Gentiana alpina) pourrait se confondre avec d'autres gentianes à grandes corolles bleues, comme les Gentianes de Koch et de Clusius, bien plus fréquentes. Elle s'en distingue par l'absence totale de tige.
13)La Renoncule des glaciers (Ranunculus glacialis) a été retrouvée jusqu'à 4275m., malgré son air fragile. On ignore les raisons de cette résistance; tout au plus remarque-t-on qu'après la floraison les pétales se teintent de vieux rose mais ne tombent pas, protégeant les graines. A moins que la fleur ne possède des mécanismes de protection intérieurs?
14)La Linaire alpine (Linaria alpina) colonise les éboulis quelqu'en soit la nature chimique. Ses fleurs, typiques des gueules-de-loup, riches en nectar, sont le plus souvent mauves et oranges, mais il existe une forme entièrement mauve. La Linaire alpine est un lithophyte (on appelle ainsi les plantes adaptées aux éboulis) rampant: ses stolons sont lâches et extensibles et cheminent à la surface des blocs rocheux. Le Céraiste à larges feuilles appartient à la même catégorie. (Il existe par ailleurs des lithophytes migrateurs comme le Tabouret à feuilles rondes, et des lithophytes fixateurs d'éboulis comme la Benoîte rampante).
15)La Campanule du mont Cenis (Campanula cenisia) pousse sur éboulis calcaires ou siliceux. On remarquera ses feuilles de petite taille et ses tiges courtes, contrastant avec des fleurs relativement grandes. Ces caractères sont retrouvés chez de nombreuses fleurs de montagne: le nanisme de l'appareil végétatif, lié au froid nocturne et à l'abondance en rayons ultra-violets, permet à la plante de profiter de la chaleur emmagasinée par le sol, de donner moins de prise au vent, et d'être recouverte en hiver par une couche de neige protectrice (sous une couche de neige de 30 cm, la température au sol ne descend jamais au-dessous de 0°C quelque soit la température extérieure); la grande taille des corolles permet aux fleurs d'être plus facilement repérées par les insectes pollinisateurs, dont la période d'activité est courte en altitude.
16)L'Epeire diadème (Araneus diadematus) est une araignée (et non un insecte: les insectes ont 6 pattes, les araignées en ont 8). Elle se reconnaît à la croix blanche qui orne son abdomen; le reste du corps est de couleur variable, et d'autant plus sombre que l'araignée vit en altitude. Ses poils denses lui permettent de résister au froid et de vivre jusqu'à 3000 mètres.
17)Les centaurées sont des Asteracées (anciennement Composées) tubuliformes: ce qui nous semble être une seule fleur est en réalité un groupement d'une multitude de fleurs en forme de petits tubes. Chez la Centaurée uniflore (Centaurea uniflora) les feuilles sont blanchâtres et, sous les fleurs, les bractées se terminent par des cils blonds les faisant ressembler à une perruque. (La Centaurée nervée (Centaurea nervosa) possède les mêmes bractées, mais ses feuilles possèdent plusieurs nervures parallèles et leur base est échancrée).
18)Le Lis Martagon (Lilium martagon), sans doute du fait de son odeur entêtante, était au Moyen Age considéré comme une fleur magique capable d'ouvrir les serrures et de distiller un philtre d'amour. Son bulbe est muni d'écailles dirigées vers le haut lui évitant de ressortir du sol. Elles donnent au bulbe sa couleur dorée, raison pour laquelle les alchimistes espéraient en tirer la pierre philosophale.
19)La racine du Vératre blanc (Veratrum album) contient en effet un alcaloïde puissamment toxique alors que celle de la Gentiane jaune est à la base d'un apéritif. Les feuilles du Vératre sont alternes (celles de la Gentiane jaune sont opposées) et leur face inférieure est velue. Le Vératre blanc apprécie les sols riches en azote et on le trouve volontiers aux abords des chalets d'alpage. Les vaches ne le broutent pas, les moutons sont par contre insensibles à son poison.
20)Le Traquet motteux (Oenanthe oenanthe) occupe les milieux à la végétation rase avec des postes de guet peu élevés: rochers, piquets etc. Il se rencontre essentiellement au-dessus de 2100m. En Vanoise, c'est un estivant nicheur qui arrive dans la deuxième quinzaine d'avril et commence à repartir à la mi août. Il s'agit ici d'un mâle.
21)La Nigritelle noire (Nigritella rhellicani) est surnommée l'Orchis vanillé. L'épi est formé de multiples petites fleurs habituellement de couleur rouge sombre (rarement rouge, rose, voire blanche ou jaune) dont le labelle (voir ci-dessous, à propos de l'Orchis grenouille, la structure de la fleur des orchidées) est curieusement dirigé vers le haut et donc moins visible pour les insectes; malgré cela la Nigritelle attire 53 espèces différentes d'insectes pollinisateurs. (A l'état de bouton, le labelle de toutes les orchidées est dirigé vers le haut mais chez la plupart d'entre elles la fleur subit au moment de l'éclosion une rotation à 180°; le labelle reste orienté vers le haut chez les espèces ne présentant pas cette rotation, cas des nigritelles, ou chez celles présentant une rotation de 360°).
22)L'Orchis grenouille (Coeloglossum viride) est une orchidée discrète, rare, dont la couleur des fleurs est très variable. La fleur des orchidées comprend trois pétales: deux pétales latéraux, ici cachés dans le casque formé par les trois sépales verts; le troisième pétale appelé labelle, est spécialement développé pour attirer les insectes; chez l'Orchis grenouille, ce labelle est plus ou moins teinté de brun ou de pourpre et son sommet est trilobé. Très riche en nectar, l'Orchis grenouille est pollinisé par de nombreux insectes: abeilles, guêpes, fourmis, coléoptères, petits papillons nocturnes.
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