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34) En savoir plus sur: le refuge d'Avérole et le vallon de la Lombarde
Benoîte des montagnes Caloplaca blatorina Campanule en épi
Centaurée de montagne Cicindèle sylvicole Compagnie Stéphane
Dame d'onze heures Dryade Gentiane de koch Globulaire à feuilles en coeur
Grassette des Alpes Joubarbe des toits Lis martagon Oeillet oeil de paon
Pédiculaire chevelue Primevère hirsute Saxifrage fausse mousse
Saxifrage paniculée Trolle d'Europe Tulipe méridionale Vipère aspic
1)La Vipère aspic (Vipera aspis) est un serpent diurne mesurant environ 60 cm de long à l'état adulte. Sa coloration présente de nombreuses variations géographiques; le spécimen que j'ai photographié ici est assez typique de la forme alpine: bandes dorsales transversales sombres, décalées d'un côté et de l'autre; elles sont parfois reliées par une mince ligne vertébrale; mais des spécimens entièrement noirs ne sont pas exceptionnels. La Vipère aspic fréquente les lieux secs, on peut la trouver jusqu'à 3000 m dans les Alpes. Elle se nourrit surtout de petits mammifères (souris, campagnols,...), plus rarement de lézards ou de grenouilles. Elle craint l'Homme et ce n'est que si elle se sent menacée qu'elle attaquera. Sa morsure est potentiellement mais rarement mortelle et, sauf sensibilité particulière, pas en moins de 24 heures (par contre, au point de morsure, l'oedème est quasi immédiat); en cas de morsure il faut donc redescendre pour traiter rapidement, mais sans agitation ni panique.
2)Les joubarbes sont le type même des "plantes grasses", adaptées aux stations sèches (on parle de xérophytes): leurs feuilles sont "succulentes", c'est-à-dire qu'elles sont gorgées d'eau, servant de réserve en cas de sécheresse; elles sont également coriacées, ce qui limite l'évaporation. Celles de la base de la plante sont groupées en rosettes, comme de petits artichauts; plaquées ainsi contre le sol, elles profitent au mieux de la chaleur emmagasinée par celui-ci. Chez la Joubarbe toile d'araignée (Sempervivum arachnoideum), elles sont reliées par un réseau de poils blanchâtres protégeant la plante d'une humidité excessive. La présence de ces poils permet d'identifier facilement la Joubarbe toile d'araignée. La distinction entre la Joubarbe des toits (Sempervivum tectorum) photographiée ici et une autre joubarbe fréquente, la Joubarbe des montagnes (Sempervivum montanum), est un peu plus délicate; la Joubarbe des toits est plus grande (20 à 60cm, contre 5 à 15 pour la Joubarbe des montagnes), ses feuilles sont d'un vert glauque et très pointues, alors que celles de la Joubarbe des montagnes sont vert mat, ont leurs pointes moins effilées, et sont couvertes de poils à odeur de résine. Les fleurs de la Joubarbe des toits sont rose terne, celle de la Joubarbe des montagnes sont rouge pourpre.
3)La Campanule en épi (Campanula spicata) est une plante couverte de poils raides et peut atteindre un mètre de haut. Elle pousse sur les pelouses sèches. Au fur et à mesure de leur croissance, les fleurs s'écartent les unes des autres. Leurs corolles profondes qui se referment le soir et par mauvais temps servent d'abri à de nombreux insectes.
4)La Centaurée de montagne (Centaurea montana) appartient à la famille des Asteracées (anciennement Composées): ce que vous voyez ici n'est pas une mais une multitude de fleurs: les fleurs centrales sont courtes et roses, les périphériques longues et mauves. Remarquez le calice, aussi esthétique que la corolle. Les feuilles sont allongées et cotonneuses. La Centaurée de montagne pousse souvent en groupe car elle se multiplie volontiers par des stolons souterrains.
5)Le Lis martagon (Lilium martagon), sans doute du fait de son odeur entêtante, était au Moyen Age considéré comme une fleur magique capable d'ouvrir les serrures et de distiller un philtre d'amour. Son bulbe est muni d'écailles dirigées vers le haut lui évitant de ressortir du sol. Elles donnent au bulbe sa couleur dorée, raison pour laquelle les alchimistes espéraient en tirer la pierre philosophale.
6)La Dame d'onze heures (Ornithogalum ombellatum) appartient à la famille des Liliacées, dont les fleurs sont formées de 3 pétales et de 3 sépales tous semblables (on parle de "tépales"), habituellement colorés. Ceux de la Dame d'onze heures sont blancs avec une raie verte sur leur face inférieure. Les feuilles, linéaires, portent un sillon blanc. La corolle s'ouvre vers 11 heures, expliquant bien sûr le nom de la plante.
7)La Pédiculaire chevelue (Pedicularis comosa) est une plante hémiparasite, comme toutes les pédiculaires: leurs racines munies de ventouses leur permettent d'absorber l'eau et des sel minéraux dans les racines des plantes voisines; à partir de là, les pédiculaires sont capables d'élaborer leur propre substance. Les fleurs des pédiculaires ressemblent à une tête d'oiseau, et leurs feuilles sont finement découpées rappelant un peu une fougère. La corolle de la Pédiculaire chevelue est glabre et sa lèvre supérieure se termine par un bec court muni de deux petites dents latérales; ces éléments permettent de la distinguer des deux autres pédiculaires à fleurs jaunes visibles en Vanoise: la Pédiculaire feuillée (Pedicularis foliosa) (corolle velue et sans bec) et la Pédiculaire tubéreuse (P. tuberosa) (glabre mais muni d'un long bec tronqué). Cette dernière pousse sur silice, les deux autres sur calcaire.
8)Les lichens résultent de l'association étroite d'un champignon et d'une algue, qui vivent en symbiose: capable de photosynthèse, l'algue produit et cède au champignon diverses substances organiques, en particulier des sucres; le champignon absorbe ces substances soit par des filaments munis de suçoirs qui vont pénétrer dans la cellule de l'algue ou simplement s'accoler à sa paroi, soit en augmentant la perméabilité des parois de l'algue aux sucres grâce à des enzymes: les perméases. Quant à l'algue, totalement entourée par les filaments du champignon, elle est grâce à cela protégée d'une lumière trop vive et de la dessication. Les lichens sont tous très sensibles à la pollution, mais à des degrés divers, la présence de telle ou telle espèce permet donc de préciser le degré de pollution d'un site. Caloplaca blatorina pousse sur les roches siliceuses; c'est un lichen crustacé, c'est-à-dire que son thalle forme une croûte mince fortement adhérente à son substrat sur toute sa surface.
9)La Tulipe méridionale (Tulipa australis) est, comme la Dame d'onze heures, une Liliacée. Ses trois tépales externes, plus étroits que les internes, sont souvent teintés de rouge, plus rarement de vert. Comme son nom l'indique, elle serait originaire des régions sud et aurait secondairement migré dans les Alpes.
10)La Compagnie Stéphane a été créée par un alpiniste et Résistant dauphinois: Etienne Poitau, dit "le capitaine Stéphane". Entre le 4 juin et le 24 août 1944, elle comptera 69 actions de guerre; elle participera à la libération de Saint-Jean-de-Maurienne le 2 septembre et prendra le fort du Télégraphe le 4 septembre. Etienne Poitau mourra à 33 ans, dans une embuscade en Indochine.
11)Le Trolle d'Europe (Trollius europaeus) est une plante toxique évitée par le bétail. Les fleurs, formées d'une douzaine de sépales jaunes recourbés vers l'intérieur à leur extrémité, sont presque sphériques; aussi dépendent-elles pour leur pollinisation quasi exclusivement de petites mouches de la famille des Chiastochètes; ces mouches vont en contre-partie y pondre leurs oeufs, et les larves se nourriront d'une partie des graines.
12)L'oeillet oeil de paon ou négligé (Dianthus pavonius ou D. neglectus) possède de grandes fleurs solitaires contrastant avec la petite taille de la tige et des feuilles; contrairement à d'autres espèces d'oeillets, ses pétales, vert-jaunâtres sur la face inférieure, se ferment la nuit. Le genre Dianthus appartient à la branche méridionale de la flore arctotertiaire (voir à ce sujet "Origine des fleurs de Alpes" dans le lexique).
13)La Saxifrage paniculée ou aizoon (Saxifraga paniculata ou S. aizoon) possède, comme toutes les saxifrages et les joubarbes, des feuilles "succulentes", c'est-à-dire qu'elles sont gorgées d'eau, servant de réserve en cas de sécheresse; elles sont également coriacées, ce qui limite l'évaporation. Celles de la base de la plante sont groupées en rosettes, comme de petits artichauts; plaquées ainsi contre le sol, elles profitent au mieux de la chaleur emmagasinée par celui-ci. Les feuilles de la Saxifrage paniculée sont bordées de pores excrétant les sels calcaires absorbés en excès. On ignore le rôle de cette sécrétion: diminution de la transpiration? protection contre les parasites? Les pétales ne sont pas toujours ponctués de rouge.
14)La Globulaire à feuilles en coeur (Globularia cordifolia) est un sous arbrisseau dont les tiges, appliquées sur le sol, émettent de place en place des rosettes de feuilles coriaces, persistantes, à l'extrémité échancrée. Poussant sur calcaire de 600 à 3000m. d'altitude, elle choisit les lieux froids en bas et les lieux ensoleillés en haut. Elle appartient à la branche méditerranéenne de la flore arctotertiaire (voir à "Origine des fleurs des Alpes" dans le lexique).
15)La Benoîte des montagnes (Geum montanum) illumine les sols siliceux; elle a besoin de beaucoup d'humus et d'une couverture neigeuse; ses feuilles, pennées, possèdent un dernier segment bien plus grand que les segments latéraux; ses fruits portent des aigrettes plumeuses rougeâtres mais qui ne sont pas aussi étonnamment spiralées que celles de la Benoîte rampante (Geum reptans); cette dernière colonise les éboulis de préférence siliceux; elle émet des stolons rouges que ne possède la Benoîte des montagnes, et le dernier segment de ses feuilles est à peine plus grand que les segments latéraux.
16)La Gentiane de Koch ou Gentiane acaule (Gentiana kochiana ou G. acaulis) illumine les alpages et les pelouses sur silice. Elle se différentie de la Gentiane de Clusius (G. clusii), beaucoup plus rare, par les taches vert-noirâtre à l'intérieur de sa corolle, par ses feuilles grandes (10 cm) et molles alors que celles de la Gentiane de Clusius sont plus courtes et coriacées, par les dents de son calice qui sont rétrécies à la base. La Gentiane de Clusius pousse sur calcaire; ces deux gentianes sont un exemple de vicariance édaphique (voir à ce mot dans le lexique). Toutes deux ont une tige certes courte mais bien individualisée, ce qui les différentie de la troisième gentiane à grande corolle bleue de Vanoise, la Gentiane des Alpes (G. alpina) dont la tige est quasi inexistante.
17)La Grassette des Alpes (Pinguicula alpina) est une plante insectivore: la face supérieure de ses feuilles est garnie de glandes collantes et de glandes sécrétant des enzymes digestives. Une fois l'insecte englué, une flaque de sécrétions le digère; mais si la quantité de sécrétion est trop importante, la flaque ne se résorbe pas et la feuille pourrit, victime... d'indigestion! La fleur des grassettes présente un autre piège, inoffensif celui-là: elle a besoin, pour assurer sa fécondation croisée, d'une mouche qu'elle attire grâce à son nectar; mais la retraite de l'insecte est gênée par les poils en brosse de la corolle, l'obligeant à se débattre et ainsi à se couvrir de pollen avant de pourvoir sortir.
18)La Dryade à huit pétales (Dryas octopetala) , sans doute originaire d'Amérique du Nord, est arrivée en Europe lors des périodes glaciaires; lors du réchauffement climatique, elle n'a survécu que dans les montagnes. C'est un arbrisseau rampant: ses rameaux, appliqués sur le sol, profitent de la chaleur emmagasinée par celui-ci, et sont bien protégés par la neige en hiver. Peu exigeante, c'est une plante colonisatrice d'éboulis, plutôt sur calcaire; lorsqu'au fil des décennies elle aura, avec d'autres plantes-pionnières, permis l'accumulation d'humus, elle sera supplantée par d'autres espèces plus exigeantes. Surnommée "Chênette" en raison de la forme de ses feuilles, elle peut parfois compter plus ou moins de huit pétales. Ses feuilles sont persistantes.
19)La Saxifrage fausse mousse (Saxifraga muscoides) forme des coussinets denses; ses feuilles, lancéolées, deviennent grises en vieillissant; sa tige est velue, ses fleurs blanchâtres, rarement jaunes. Elle fréquente les éboulis fins et les pelouses rocailleuses.
20)La Primevère hirsute ou hérissée (Primula hirsuta) fleurit dés le printemps les rochers et les gazons rocailleux siliceux; ses corolles sont roses à gorge blanche, ses tiges et ses feuilles sont visqueuses car couvertes de courts poils terminés par une glande d'abord incolore puis rouge. Elle s'hybride couramment avec la Primevère à larges feuilles (P. viscosa ou latifolia) mais également avec la Primevère auricule (P. auricula), lorsque les deux se trouvent à la limite de leurs territoires respectifs: la Primevère auricule pousse en effet sur calcaire; ses fleurs sont jaunes.
21)La Cicindèle sylvicole (Cicindela sylvicola), malgré son nom, fréquente les massifs montagneux. Lors de la ponte, le mâle, par ses fortes mandibules, saisit la femelle par le prothorax, juste en avant de ses élytres; la femelle cherche alors un endroit suffisamment meuble pour y enfoncer son abdomen et pondre; puis, toujours enlacée par le mâle, elle recommence un peu plus loin son manège. La Cicindèle sylvicole se différentie (difficilement) de la Cicindèle des montagnes (Cicindela gallica) par sa couleur plus claire, la granulation plus grossière de ses élytres, la présence de soies entre les yeux, et généralement l'absence d' interruption dans la lunule située à l'extrémité postérieure de ses élytres. Les cicindèles appartiennent à l'ordre des coléoptères. Adultes et larves sont de redoutables carnivores. Les larves creusent des puits verticaux dont seule la tête dépasse à peine; rapides comme l'éclair elles fondent sur tout insecte passant à leur portée. (On trouvera d'autres détails sur les Cicindèles dans "Les insectes" par P.-A. Robert aux éditions Delachaux et Niestlé).
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