Page d'accueil Randonnées En savoir plus Bibliographie Mes liens
35) En savoir plus sur: le col des Fours par le Manchet
Androsace alpine Arnica des montagnes Bois gentil Campanule barbue
Campanule menue Campanule rhomboïdale Centaurée uniflore
Chlamydomonas nivalis Doronic à grandes fleurs Epervière alpine
Gentiane champêtre Gentiane de Bavière Gentiane des neiges Grande Gentiane
Hutchinsie à tige courte Liondent des montagnes Pédiculaire de Kerner
Pulsatille des Alpes Raiponce à feuilles de Globulaire Raiponce hémisphérique
Renoncule des glaciers Rumex à écusson Saxifrage faux bryum
1)La Grande Gentiane ou Gentiane jaune (Gentiana lutea) fleurit les prairies des étages montagnard et subalpin, de préférence sur sol calcaire. Ses feuilles ressemblent à celle du Vérâtre blanc; la différenciation avant floraison se fait sur leur disposition: opposées (et à face inférieure glabre) chez la Gentiane, alternes (et à face inférieure duveteuse) chez le Vérâtre: différenciation importante puisque des grosses racines de la Gentiane (parfois longues de plus d'un mètre) on extrait une liqueur, alors que celles du Vérâtre sont fortement toxiques. Amère, la Grande Gentiane est délaissée par le bétail. Même si elle est abondante par endroit, elle est en régression sur l'ensemble de l'arc alpin: sa croissance est en effet très lente et elle ne fleurit qu'au bout de dix ans. Elle est considérée comme un vestige isolé des populations venues d'Asie au Tertiaire: son type floral est bien différent de celui des autres Gentianes: les pétales, le plus souvent au nombre de six, ne sont soudés qu'à la base.
2)La Gentiane champêtre (Gentiana campestris) ressemble à la Gentiane germanique (G. germanica) mais la corolle de la première a 4 lobes, celle de la seconde 5. La Gentiane germanique est bien moins fréquente. Les deux espèces ont la gorge bordée de longues franges et seuls les insectes dont la trompe peut s'introduire entre ces franges peuvent les polliniser.
3)Le Bois gentil (Daphne mezereum) porte bien mal son nom: depuis ses fleurs, roses et parfumées, apparaissant avant les feuilles, jusqu'à ses baies rouges, en passant par ses feuilles, allongées et caduques, toute la plante est toxique. Cet arbrisseau pousse surtout sur calcaire, dans les bois et les pâturages.
4)La Campanule menue ou Campanule à feuille de cranson (Campanula cochleariifolia) pousse sur les rochers, les éboulis et les pelouses écorchées, sur calcaire, jusqu'à 3400m.; mais on peut la trouver à basse altitude, quand elle a été entraînée par les ruisseaux. Ses corolles, bleu pâle, ne dépassent guère 2cm.; ses feuilles basales sont plus ou moins arrondies et dentées, les supérieures sont étroites et lancéolées.
5)Le Rumex à écusson ou Oseille à feuille ronde (Rumex scutatus) se distingue de l'Oxyria à deux styles (ou Oseille glaciaire) par la forme des feuilles: en écusson, bien sûr!, chez le premier, plus ou moins arrondie ou en coeur chez la seconde, et par l'habitat: si les deux apprécient les éboulis siliceux, le Rumex ne pousse qu'aux étages montagnard et subalpin, l'Oxyria qu'à l'étage alpin.
6)L'Epervière alpine (Hieracium alpina) pousse sur silice, de 1900 à 2500m. d'altitude. Feuilles, calice et tige sont couverts de poils, de façon cependant moins spectaculaire que chez l'Epervière velue. Les Epervières appartiennent à la famille des Asteracées (anciennement Composées): ce que vous voyez est non pas une fleur, mais une multitude de fleurs jaunes ligulées (c'est à dire en forme de pétale).
7)La Campanule barbue (Campanula barbata) peuple les pelouses subalpines pauvres en calcaire. Ses fleurs, bleues clair ou parfois blanches, sont bordées de longs cils, ses tiges et ses feuilles sont couvertes de poils durs. On la trouve dans les Alpes et les Carpathes, mais elle possède aussi quelques stations en Norvège, où elle aurait migré lors des glaciations.
8)La Campanule rhomboïdale (Campanula rhomboidalis) doit son nom à la forme losangique de ses feuilles. Leur bord est denté en scie. Sa tige est anguleuse. La Campanule rhomboïdale pousse sur calcaire, de l'étage montagnard jusqu'à 2300 m., mais manque dans les Alpes orientales. Le genre campanule est originaire du bassin méditerranéen d'où il se serait répandu dans les montagnes d'Europe et d'Asie mineure. Le nom générique vient du latin Campanula qui signifie clochette.
9)La Raiponce hémisphérique (Phyteuma hemisphaericum) croît sur les éboulis, rochers et pelouses sur sol acide. Chaque fleur est un long tube étroit d'où sortent les stigmates, et les tubes sont groupés en tête hémisphérique. Lors de la pollinisation, les cinq pétales soudés qui forment chaque tube s'écartent à leur base mais restent soudés par leurs sommets. Les raiponces appartiennent à la famille des Campanulacées et proviendraient de la souche méridionale de la flore tertiaire alpine. Dans les montagnes corses, Phyteuma hemisphaericum n'existe pas et est remplacée par une espèce voisine: Phyteuma serratum; ces deux espèces, dites vicariantes, descendent sans doute d'une même espèce souche qui s'est développée dans les deux massifs à une époque où la Corse était reliée au continent par des chaînes montagneuses, ce qui permettait les échanges de gènes; après la disparition de ces chaînes et la séparation d'avec le continent, la souche a évolué de façon différente dans les Alpes et dans les montagnes corses, aboutissant aux deux espèces vicariantes actuelles: il s'agit d'une forme de vicariance géographique; il existe de nombreux autres exemples de vicariance (voir à ce mot dans le lexique).
10)Le genre Pulsatille se différencie en effet du genre Anémone par le fait que ses fruits possèdent des aigrettes plumeuses.
11)La Centaurée uniflore (Centaurea uniflora) possède des feuilles blanchâtres, allongées et entières, parcourues par une seule nervure et, sous les fleurs, les bractées se terminent par des cils blonds les faisant ressembler à une perruque. (La Centaurée nervée (Centaurea nervosa) possède les mêmes bractées, mais ses feuilles possèdent plusieurs nervures parallèles et leur base est échancrée). Les centaurées sont des Asteracées (ou Composées) tubuliformes: ce qui nous semble être une seule fleur est en réalité un groupement d'une multitude de fleurs en forme de petits tubes.
12)Le Doronic à grandes fleurs (Doronicum grandiflorum) affectionne les éboulis calcaires. La grande taille, aussi bien de ses fleurs que de ses feuilles, étonne dans un milieu aussi hostile! Ses feuilles sont grossièrement triangulaires ou vaguement cordées (c'est à dire en forme de coeur), les inférieures sont longuement pétiolées, les supérieures sessiles. Ses fleurs contiennent un jus sucré très apprécié des chamois. Le genre doronic est vraisemblablement d'origine asiatique.
13)Le Séneçon doronic (Senecio doronicum) possède des feuilles oblongues, épaisses, dentées, grisâtres (surtout sur leur face inférieure); les feuilles supérieures sont très réduites.
14)Le Liondent des montagnes (Leontodon montanus) est propre aux Alpes. Il appartient à la famille des asteracées: les capitules ne sont pas une fleur mais une multitude de fleurs ligulées (c'est-à-dire en forme de pétales). Il pousse sur les éboulis calcaires fins.
15)La Raiponce à feuilles de Globulaire (Phyteuma globulariifolium) ne dépasse pas 6 cm. Elle apprécie les terrains siliceux même s'ils sont exposés au froid et au vent. C'est une endémique des Alpes et des Pyrénées.
16)La Saxifrage faux bryum (Saxifraga bryoides) colonise les éboulis siliceux de l'étage alpin puis elle supporte dans une certaine mesure la concurrence de la pelouse. Ses pétales blancs sont ponctués de jaune à leur base. Ses feuilles, lancéolées, recourbées et raides, sont massées en rosettes et l'ensemble de la plante rappelle les plantes en coussinet.
17)La Gentiane de Bavière (Gentiana bavarica) pousse sur terrains humides. Aux altitudes moyennes, ses feuilles sont imbriquées en une colonnette le long de la partie basse de la tige, alors qu'elles sont distantes les unes des autres sur sa partie supérieure; en haute altitude, la Gentiane de Bavière a un port plus ramassé et les feuilles forment une colonnette tout le long de la tige: c'est la variété subacaulis. Dans les deux cas, cette disposition permet de différentier la Gentiane de Bavière de la Gentiane printanière (G. verna), chez laquelle les feuilles forment une rosette à la base de la tige.
18)La Gentiane des neiges (Gentiana nivalis) est le plus souvent d'un bleu profond. Malgré son aspect fragile, elle "monte" jusqu'à 3000m. Elle passe facilement inaperçue, avec ses tiges frêles, souvent ramifiées, et ses petites corolles qui, de plus, se ferment très vite dés que l'ombre d'un nuage les touche. C'est l'une des très rares fleurs "annuelles" d'altitude: après la floraison, elle donne des graines puis meurt, et chaque année c'est donc une nouvelle fleur qui naît à partir de la graine (c'est le froid qui sort la graine de sa dormance en faisant craquer son enveloppe); du fait de la brièveté de l'été en altitude, peu de fleurs peuvent boucler un cycle complet de la graine à la graine en une saison; et les fleurs qui y parviennent sont toujours de petite taille (c'est aussi le cas de l'Euphraise naine); la plupart des fleurs d'altitude sont au contraire des "vivaces", c'est-à-dire qu'elles vivent plusieurs années.
19)L'Arnica des montagnes (Arnica montana) porte deux feuilles opposées vers le milieu de sa tige, les autres feuilles sont groupées en rosette à la base de la tige: ceci permet de la distinguer du Doronic à grandes fleurs ou du Séneçon doronic que nous avons rencontrés plus bas.
20)Les Pédiculaires sont des plantes hémiparasites: leurs racines munies de ventouses leur permettent d'absorber l'eau et des sel minéraux dans les racines des plantes voisines; à partir de là, les pédiculaires sont capables d'élaborer leur propre substance. Les fleurs des pédiculaires, le plus souvent couleur rouge ou vieux rose (il existe cependant quelques espèces jaunes) ressemblent à une tête d'oiseau, et leurs feuilles sont finement découpées rappelant un peu une fougère. Différencier les différentes espèces n'est pas toujours évident; la Pédiculaire de Kerner (Pedicularis kerneri) a des feuilles plus ou moins pourpres et groupées à la base de la tige, des fleurs peu nombreuses, le "bec" de la tête d'oiseau est assez long; la tige est couchée puis redressée; le calice enfin possède des dents recourbées vers l'extérieur.
21)L'Androsace alpine (Androsace alpina) est une plante en coussinet, forme adoptée par plusieurs orophytes (plantes de montagne): elle donne peu de prise aux vents, fréquents et violents en altitude, et permet à la fleur de profiter de la chaleur emmagasinée par le sol. Peu fréquente, l' Androsace alpine affectionne la terre fine des éboulis siliceux; rare au-dessous de 2700m., elle pousse jusqu'à 4200m. au Cervin.
22)L'Hutchinsie à tige courte (Hutchinsia ou Pritzelago alpina brevicaulis) émaille de ses petites fleurs blanches les éboulis siliceux. L'Hutchinsie existe sous une autre forme qui pousse sur calcaire: c'est l' Hutchinsie des Alpes ou Cresson des Chamois (Hutchinsia ou Pritzelago alpina), qui se distingue de la précédente par sa plus grande taille (10cm), les fleurs étant nettement au-dessus des feuilles. Ces deux formes sont un exemple de vicariance édaphique (voir à ce mot dans le lexique). Dans les deux cas, les feuilles, brillantes, sont découpées en un nombre impair de lobes (on dit qu'elles sont imparipennées, par opposition aux feuilles paripennées, c'est à dire divisées en un nombre pair de lobes). L'Hutchinsie émet de nombreux prolongements souterrains qui contribuent à stabiliser les éboulis.
23)La Renoncule des glaciers (Ranunculus glacialis) a été retrouvée jusqu'à 4275m., malgré son air fragile. On ignore les raisons de cette résistance; tout au plus remarque-t-on qu'après la floraison les pétales se teintent de vieux rose mais ne tombent pas, protégeant les graines. A moins que la fleur ne possède des mécanismes de protection intérieurs?
24)Chlamydomonas nivalis est une algue unicellulaire qui pousse en colonies. Elle est formée d'une cellule ovoïde possédant des pigments rouges et se déplace grâce à deux longs cils vibratiles dans l'eau de fonte qui circule à la surface des névés. Celle-ci lui offre des conditions de développement idéales: une température de 0° C (que celle-ci augmente ou diminue de quelques degrés, et l'algue s'enkyste en développant des membranes protectrices); une luminosité extrême; du gaz carbonique et de l'oxygène dissous en abondance; enfin une richesse en particules diverses, en particulier azotées, que la neige a captées lors de sa chute dans l'atmosphère.
Page d'accueil Randonnées En savoir plus Bibliographie Mes liens