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3) En savoir plus sur: le cirque du Génépy
Aconit napel Aconit tue-loup Adénostyle à feuilles d'alliaire Aune vert
Campanule du mont Cenis Cargneules Laitue des Alpes Linaigrettes
Mégaphorbiaie Origine des fleurs des Alpes Orpin des infidèles
1)La mégaphorbiaie (ou mégaphorbiée) est un groupement de végétaux composé d'aune vert et de "hautes herbes" (Laitue des Alpes, Adénostyle à feuilles d'alliaire, Aconit tue-loup, etc.) dont les feuilles, de grande taille, sont une importante source d'évaporation: raison pour laquelle elles poussent sur des sols très humides en exposition nord. Une étude de la mégaphorbiaie est donnée dans les volumes XVII et XIX des Travaux Scientifiques du Parc National de la Vanoise.
2)L'Aune vert (Alnus viridis) possède des feuilles à forte transpiration, ce qui explique que son biotope recoupe celui des hautes herbes. Ses racines possèdent des nodosités contenant des bactéries filamenteuses (actinomycètes) capables de fixer l'azote libre de l'air; elles le cèdent ensuite à l'arbre et en échange profitent de l'eau, sucres et sels minéraux de ce dernier (il y a donc symbiose entre la bactérie et l'arbre). L'aune, de ce fait, n'a pas besoin d'utiliser l'azote du sol, et au contraire l'enrichit grâce à l'azote contenu en grande quantité dans ses feuilles.
3)La Laitue des Alpes (Cicerbita alpina) peut dépasser 1 mètre de haut; ses grandes feuilles sont en forme de hallebarde.
4)Les feuilles de l'Adénostyle à feuilles d'alliaire (Cacalia alliariae) atteignent 50 cm. Le pétiole que possèdent certaines d'entre elles présente deux oreillettes caractéristiques.
5)L'Aconit tue-loup (Aconitum vulparia) dont les fleurs jaunes rappellent les hennins des dames du Moyen Age, était utilisé à cette époque pour empoisonner loups et renards; il sert encore dans certaines régions d'Asie pour empoisonner les flèches. Sa racine contient en effet un alcaloïde puissamment toxique: l'aconitine.
6)La racine de l'Aconit napel (Aconitum napelus), comme celle d'ailleurs de toutes les aconits, contient le même alcaloïde que l'Aconit tue-loup. Pline l'Ancien le surnommait l'arsenic végétal.
7)Les fruits des linaigrettes portent des aigrettes formant ces houppes qui annoncent une zone humide. La linaigrette à feuilles étroites (Eriophorum angustifolium) porte sur chaque tige 3 à 6 houppes; au contraire la linaigrette de Scheuchzer (E. Scheuchzeri) a une seule houppe sphérique à l'extrémité de chaque tige.
8)Origine des fleurs des Alpes:
Au début de l'ère tertiaire, ce qui allait devenir la région alpine était couverte d'une flore sub-tropicale qu'on appelle la flore arctotertiaire, et qui comprenait deux branches: la branche boréale au nord et la branche méridionale au sud (il est probable que certaines fleurs de la branche boréale aient émigré depuis l'Asie ou l'Amérique du Nord, de même qu'il est probable que certaines fleurs de la branche méridionale aient émigré depuis les régions méditerranéennes et l'Afrique du Nord).
Lors du soulèvement alpin, certaines de ces fleurs ont réussi à se transformer pour s'adapter à l'altitude et donner des fleurs de montagne ou "orophytes": la branche boréale aurait ainsi donné des orophytes des genres ancolie, saxifrage, primevère, androsace, gentiane, pédiculaire; la branche méridionale aurait donné des orophytes des genres oeillet, joubarbe, silène, linaire, campanule.
Au quaternaire, les glaciations auraient eu plusieurs conséquences: la disparition de la flore arctotertiaire, alors que les orophytes qui en descendaient réussissaient à survivre en trouvant refuge dans des sommets épargnés par les glaces; le morcellement des aires de certaines fleurs des Alpes; l'arrivée dans les Alpes (et aussi dans les autres montagnes d'Europe) de fleurs arctiques (par exemple la Dryade à huit pétales) et à l'inverse la propagation dans les régions arctiques de fleurs des Alpes (Gentiane pourpre, Campanule barbue); des échanges de flore entre les différents massifs montagneux d'Europe.
On trouvera plus de détails dans le livre de C. Favarger cité dans la bibliographie.
9)La Campanule du mont Cenis (Campanula cenisia) pousse sur éboulis calcaires ou siliceux. On remarquera ses feuilles de petite taille et ses tiges courtes, contrastant avec des fleurs relativement grandes. Ces caractères sont retrouvés chez de nombreuses fleurs de montagne: le nanisme de l'appareil végétatif, lié au froid nocturne et à l'abondance en rayons ultra-violets, permet à la plante de profiter de la chaleur emmagasinée par le sol, de donner moins de prise au vent, et d'être recouverte en hiver par une couche de neige protectrice (sous une couche de neige de 30 cm, la température au sol ne descend jamais au-dessous de 0°C quelque soit la température extérieure); la grande taille des corolles permet aux fleurs d'être plus facilement repérées par les insectes pollinisateurs, dont la période d'activité est courte en altitude.
10)La Primevère visqueuse (ou à larges feuilles) (Primula latifolia ou P. viscosa), a la tige et les feuilles couvertes de poils glanduleux. Ses corolles, mauves, sont toutes tournées d'un même côté. Elle pousse sur terrain siliceux.
11)Les cargneules sont des roches vacuolaires jaunes dont l'origine est mal connue, et probablement multiple. Le plus souvent, elles semblent provenir de l'attaque de roches carbonatées par des eaux sulfatées sous de fortes pressions (pressions tectoniques).
12)L'Orpin des infidèles (Sedum anacampseros) appartient à la famille des Crassulacées: ses feuilles, succulentes, constituent un réservoir d'eau, bien utile pour cette fleur qui fréquente éboulis et rocailles.
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