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14) En savoir plus sur: les sources de l'Arc

 

Ammophile des sables      Arc       Epilobe à feuilles étroites      Gentiane asclépiade

     Gentianes champêtre et germanique      Joubarbe      Origine des fleurs des Alpes     

Primevères      Tabouret à feuilles rondes

 

 

 

 

1)L'Epilobe à feuilles étroites (Epilobium angustifolium) fleurit, de juin à septembre, les clairières, le bord des chemins, les berges des ruisseaux. Il forme de grandes colonies, aussi bien sur terrains acides que calcaires. Ses graines, munies d'aigrettes plumeuses, sont dipersées par le vent (on appelle anémochorie ce mode de dispersion).

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2)L'Ammophile des sables (Ammophila sabulosa) est une guêpe solitaire (comme d'ailleurs la plupart des guêpes et des abeilles: les espèces de guêpes et d'abeilles sociales ne sont qu'une minorité). Elle appartient au groupe des guêpes fouisseuses, ainsi nommées car elles creusent leur nid dans les sols meubles; avec leurs pattes antérieures elles rejettent entre leurs pattes postérieures le sable ou la terre, à une telle vitesse que cela forme derrière l'insecte un petit nuage de poussière! durant ce travail, la guêpe se maintient en équilibre grâce aux battements incessants de ses ailes, comme on peut le deviner sur la photographie; elle saisit dans ses mandibules les particules les plus grosses et s'envole pour les laisser tomber un peu plus loin. Une fois le nid creusé, l'Ammophile y dépose des chenilles qu'elle a préalablement paralysées (mais sans les tuer) en piquant méthodiquement le ganglion de chaque segment; elle pond ensuite un oeuf et la larve qui en sortira aura ainsi à sa disposition de la nourriture fraîche. Après la ponte, l'Ammophile bouche soigneusement l'orifice du nid. (On trouvera d'autres détails sur les Ammophiles dans "Les insectes" par P.-A. Robert aux éditions Delachaux et Niestlé).

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3)Les joubarbes sont le type même des "plantes grasses", adaptées aux stations sèches (on parle de xérophytes): leurs feuilles sont "succulentes", c'est-à-dire qu'elles sont gorgées d'eau, servant de réserve en cas de sécheresse; elles sont également coriacées, ce qui limite l'évaporation. Celles de la base de la plante sont groupées en rosettes, comme de petits artichauts; plaquées ainsi contre le sol, elles profitent au mieux de la chaleur emmagasinée par celui-ci. Chez la Joubarbe toile d'araignée (Sempervivum arachnoideum), elles sont reliées par un réseau de poils blanchâtres protégeant la plante d'une humidité excessive. La présence de ces poils permet d'identifier facilement la Joubarbe toile d'araignée. La distinction entre la Joubarbe des toits (Sempervivum tectorum) photographiée ici et une autre joubarbe fréquente, la Joubarbe des montagnes (Sempervivum montanum), est un peu plus délicate; la Joubarbe des toits est plus grande (20 à 60cm, contre 5 à 15 pour la Joubarbe des montagnes), ses feuilles sont d'un vert glauque et très pointues, alors que celles de la Joubarbe des montagnes sont vert mat, ont leurs pointes moins effilées, et sont couvertes de poils à odeur de résine. Les fleurs de la Joubarbe des toits sont rose terne, celle de la Joubarbe des montagnes sont rouge pourpre.

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4)La Gentiane asclépiade (Gentiana asclépiadea), peu fréquente, fleurit tardivement (d'août à octobre) dans les prairies humides de préférence sur sol calcaire. La chenille de l'azuré des mouillères se régale de ses boutons floraux ; puis elle se laisse tomber à terre et est emportée par une espèce de fourmi, Myrmica ruginodis, dans la fourmilière où, en échange d'une sécrétion sucrée dont ces fourmis raffolent, elle se nourrit de leurs larves (ce phénomène est assez courant chez les azurés).

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5)L'Arc a connu dans les siècles passés des crues dévastatrices qui l'avaient fait surnommer le "mauvais ruisseau", "mau riou" en patois, d'où viendrait "Maurienne" (et sans doute pas d'un prétendu passage des Maures, dont on n'a jamais trouvé la moindre trace!).

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6)Gentianes champêtre et germanique (Gentiana campestris et G. germanica) se ressemblent mais la corolle de la première a 4 lobes, celle de la seconde 5. La Gentiane germanique est bien moins fréquente. Les deux espèces ont la gorge bordée de longues franges et seuls les insectes dont la trompe peut s'introduire entre ces franges peuvent les polliniser.

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7)Origine des fleurs des Alpes:

                                                     Au début de l'ère tertiaire, ce qui allait devenir la région alpine était couverte d'une flore sub-tropicale qu'on appelle la flore arctotertiaire, et qui comprenait deux branches: la branche boréale au nord et la branche méridionale au sud (il est probable que certaines fleurs de la branche boréale aient émigré depuis l'Asie ou l'Amérique du Nord, de même qu'il est probable que certaines fleurs de la branche méridionale aient émigré depuis les régions méditerranéennes et l'Afrique du Nord).

                                                     Lors du soulèvement alpin, certaines de ces fleurs ont réussi à se transformer pour s'adapter à l'altitude et donner des fleurs de montagne ou "orophytes": la branche boréale aurait ainsi donné des orophytes des genres ancolie, saxifrage, primevère, androsace, gentiane, pédiculaire; la branche méridionale aurait donné des orophytes des genres oeillet, joubarbe, silène, linaire, campanule.

                                                      Au quaternaire, les glaciations auraient eu plusieurs conséquences: la disparition de la flore arctotertiaire, alors que les orophytes qui en descendaient réussissaient à survivre en trouvant refuge dans des sommets épargnés par les glaces; le morcellement des aires de certaines fleurs des Alpes; l'arrivée dans les Alpes (et aussi dans les autres montagnes d'Europe) de fleurs arctiques (par exemple la Dryade à huit pétales) et à l'inverse la propagation dans les régions arctiques de fleurs des Alpes (Gentiane pourpre, Campanule barbue); des échanges de flore entre les différents massifs montagneux d'Europe.

                                                      On trouvera plus de détails dans le livre de C. Favarger cité dans la bibliographie.

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8)La Primevère hirsute ou hérissée (Primula hirsuta) fleurit dés le printemps les rochers et les gazons rocailleux siliceux; ses corolles sont roses à gorge blanche, ses tiges et ses feuilles sont visqueuses car couvertes de courts poils terminés par une glande d'abord incolore puis rouge. La Primevère à larges feuilles (ou Primevère visqueuse) (P. latifolia ou P. viscosa), a également la tige et les feuilles couvertes de poils glanduleux. Sa tige est plus longue que celle de la Primevère hirsute; ses corolles, mauves, sont toutes tournées d'un même côté. Les deux espèces s'hybrident couramment.

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9)Le Tabouret à feuilles rondes (Thlaspi rotundifolium ou T. repens) colonise les éboulis calcaires de l'étage alpin: de sa racine profondément ancrée partent de multiples rejets qui cheminent entre les pierres et qui vont donner naissance à des feuilles et des fleurs dés qu'ils atteignent la lumière; si des blocs rocheux les recouvrent les rejets s'allongent pour retrouver la lumière: le Tabouret à feuilles rondes est un lithophyte (on appelle ainsi les plantes adaptées aux éboulis) migrateur (il existe aussi des lithophytes rampants comme la Linaire alpine ou le Céraiste à larges feuilles, et des lithophytes fixateurs d'éboulis comme la Benoîte rampante). Le Tabouret à feuilles rondes est une endémique des Alpes aux fleurs très parfumées, qui prépare ses boutons floraux dés l'automne, et peut donc fleurir dés la fonte des neiges. L'action du gel est indispensable pour permettre la germination de ses graines, c'est à dire pour lever leur "dormance" (lire dans le volume I des Travaux Scientifiques du Parc National de la Vanoise l'article sur la dormance). Dans les Abruzzes, Thlaspi rotundifolium n'existe pas et est remplacé par une espèce voisine: Thlaspi stylosum; ces deux espèces, dites vicariantes, descendent sans doute d'une même espèce souche qui s'est développée dans les deux massifs à une époque où ils étaient reliés par des chaînes montagneuses permettant les échanges de gènes; après la disparition de ces chaînes, la souche a évolué de façon différente dans les Alpes et dans les Abruzzes, aboutissant aux deux espèces vicariantes actuelles: il s'agit d'une forme de vicariance géographique; il existe de nombreux autres exemples de vicariance (voir à ce mot dans le lexique).

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