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Lexique  

 

38)En savoir plus sur: le col et le lac de la Rocheure

 

Adénostyle à feuilles d'alliaire        Androsace alpine        Airelle rouge        Antennaire dioïque

Arabette des Alpes        Arnica        Aster         Benoîte rampante        Campanule barbue

Centaurée uniflore        Chlamydomonas nivalis        Chrysomèle        Crépide orangée

Doronic à grandes fleurs        Erigeron alpin        Gentiane à feuilles courtes        

Gentiane de Bavière        Gentiane ponctuée        Lac de la Rocheure        

  Leucanthème des Alpes        Leucanthème vulgaire        Lin des Alpes        Linaigrette

Linaire alpine        Lis martagon        Lychnide des Alpes        Orchis vanille

Pédiculaire arquée        Pensée à long éperon        Raiponce à feuilles de bétoine

Renoncule des glaciers        Rumex alpin        Saxifrage à deux fleurs        

Saxifrage à feuilles opposées         Saxifrage aizoïde        Saxifrage étoilée

Scutellaire des Alpes        Séneçon doronic        Silène acaule        Silène penché

Traquet motteux        Zygène exilée

 

 

 

 

1)La Pensée à long éperon (Viola calcarata), comme l'indique son nom, possède un éperon nectarifère très long dont l'entrée est signalée aux insectes pollinisateurs par une tache jaune et des stries foncées au centre de la corolle; mais seuls pourront récolter ce nectar les papillons dont la trompe atteint 25mm., tels le Machaon ou le Paon du jour. La couleur des pétales peut varier du mauve au blanc. Violettes et pensées forment un seul genre, que l'on différentie par les pétales latéraux: ils sont orientés vers le bas chez les violettes, vers le haut chez les pensées.

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2)Le lac de la Rocheure, situé à 2905m d'altitude, ne dégèle que tardivement: sa température en été est légèrement inférieure à 6°C, avec très peu de différence entre la surface et le fond, sans doute du fait de sa faible profondeur (9,60m). Cette température basse explique sa pauvreté en phytoplancton (3 espèces seulement, contre par exemple 81 dans le lac du lait de Termignon, qui est un lac de tourbière). (On trouvera d'autres précisions dans les volumes XIV et XV des Travaux Scientifiques du Parc National de la Vanoise).

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3)L'Adénostyle à feuilles d'alliaire (Adenostyles alliariae) est une de ces "hautes herbes" qui forme la mégaphorbiée, ce peuplement qui affectionne les endroits frais et humides de l'étage sub-alpin. Ses feuilles sont soit embrassantes, soit pétiolées; dans ce cas, le pétiole présente deux oreillettes, ce qui le différencie de l'Adénostyle des Alpes (A. glabra) et de l'Adénostyle tomenteux (A. leucophylla); mais les trois espèces peuvent s'hybrider (bien que le troisième soit plutôt alpin et les deux autres sub-alpin) ce qui ne facilite pas l'identification!

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4)Le Silène penché (Silene nutans) se reconnaît aisément à ses fleurs penchées toutes du même côté; les calices sont velus et glanduleux, les pétales profondément bilobés. Les fleurs dégagent leur parfum le soir, aussi sont-elles pollinisées par les papillons de nuit.

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5)L'Airelle rouge (Vaccinium vitis-idaea) est un sous-arbrisseau aux baies rouges juteuses, alors que celles de la Busserole (Arctostaphylos uva-ursi) sont farineuses; par ailleurs les feuilles de l'Airelle rouge ont des bords épaissis et enroulés et leurs faces inférieures sont piquetées de glandes brunâtres, ce qui n'est pas le cas des feuilles de la Busserole.

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6)Les Centaurées sont des Asteracées (anciennement Composées) tubuliformes: ce qui nous semble être une seule fleur est en réalité un groupement d'une multitude de fleurs en forme de petits tubes. Chez la Centaurée uniflore (Centaurea uniflora) les feuilles sont blanchâtres et, sous les fleurs, les bractées se terminent par des cils blonds les faisant ressembler à une perruque. (La Centaurée nervée (Centaurea nervosa) possède les mêmes bractées, mais ses feuilles possèdent plusieurs nervures parallèles et leur base est échancrée).

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7)Le Leucanthème vulgaire (Leucanthenum vulgare) est également appelé Grande pâquerette ou Grande marguerite: sa tige peur mesurer 80cm. C'est une Asteracée: le coeur est formé de tubes jaunes qui représentent chacun une fleur (fleur tubulaire) et chaque soi-disant pétale est en réalité à lui seul une fleur en forme de pétale (fleur ligulée).

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8)Le Lis martagon (Lilium martagon), sans doute du fait de son odeur entêtante, était au Moyen Age considéré comme une fleur magique capable d'ouvrir les serrures et  de distiller un philtre d'amour. Son bulbe est muni d'écailles dirigées vers le haut lui évitant de ressortir du sol. Elles donnent au bulbe sa couleur dorée, raison pour laquelle les alchimistes espéraient en tirer la pierre philosophale.

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9)Le Rumex alpin (Rumex alpinus) est l'élément dominant de la flore nitrophile, cette flore dense et monotone qui entoure les chalets d'alpage et qui est due à l'excès d'azote dans le sol, excès lié aux déjections du bétail. Ses fortes racines accumulent des réserves et le rumex peut encore pousser un siècle après l'abandon du chalet.

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10)L'Arnica des montagnes (Arnica montana) porte deux feuilles opposées vers le milieu de sa tige, les autres feuilles sont groupées en rosette à la base de la tige: ceci permet de la distinguer du Doronic à grandes fleurs ou du Séneçon doronic que nous allons rencontrer plus haut.

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11)L'Erigeron des Alpes (Erigeron alpinus), comme tous les érigerons, se différencie des asters par le fait que ses fleurs ligulées sont disposées sur plusieurs rangs. L'identification des différents érigerons est difficile; chez l'Erigeron des Alpes, les feuilles sont velues sur leurs deux faces, elles se terminent par une courte pointe (on dit qu'elles sont mucronées), et il existe des fleurs femelles filiformes entre les fleurs tubulaires et les fleurs ligulées (voir plus bas à propos de l'Aster des Alpes pour les notions de fleurs tubulaires et ligulées).

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12)Le Lin des Alpes (Linum alpinum) se repère facilement par beau temps; mais en cas de pluie, ses belles corolles bleu clair se referment. Chaque fleur ne vit qu'une journée.

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13)La Scutellaire des Alpes (Scutellaria alpina) (ou Toque des Alpes) appartient à la famille des Labiées: ses fleurs sont en forme de tubes recourbés s'ouvrant par une lèvre supérieure en forme de casque, violacé, et une lèvre inférieure blanchâtre. Elle fréquente les sols instables calcaires. Cette Scutellaire est un exemple de vicariance géographique: on désigne par ce terme le fait qu'une fleur ne pousse que dans une région limitée d'une chaîne de montagne et soit remplacée dans d'autres régions de la chaîne par une espèce voisine dite espèce vicariante; parfois, cette dernière n'existe pas: c'est le cas de la Scutellaire des Alpes, qui pousse dans la partie occidentale des Alpes mais n'a pas d'équivalent dans leur partie orientale.

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14)Le Traquet motteux (Oenanthe oenanthe) occupe les milieux à la végétation rase avec des postes de guet peu élevés: rochers, piquets etc. Il se rencontre essentiellement au-dessus de 2100m. En Vanoise, c'est un estivant nicheur qui arrive dans la deuxième quinzaine d'avril et commence à repartir à la mi août. Il s'agit ici d'une femelle.

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15)La Saxifrage aizoïde (Saxifraga aizoides) vit au bord des cours d'eau; ses fleurs sont d'abord mâles: elles possèdent des étamines et un disque nectarifère pour attirer les insectes qui vont se charger de pollen. Plus tard, elles vont perdre leurs étamines et au milieu du disque nectarifère va apparaître un stigmate relié à un ovaire: la fleur, devenue femelle, est prête à recueillir le pollen de fleurs plus jeunes. Ceci évite l'autogamie (c'est-à-dire la fécondation d'une fleur par le pollen d'une fleur du même pied).

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16)L'Aster des Alpes (Aster alpinus) appartient à la famille des Asteracées autrefois appelée famille des Composées: ce que vous voyez sur cette photo n'est pas une fleur mais une multitude de fleurs: le coeur est formé de fleurs jaunes tubulaires hermaphrodites et chaque pétale est en réalité une fleur ligulée mauve femelle.

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17)L'Antennaire dioïque (Antennaria dioica) est surnommé "Pied de chat dioïque". Le terme "dioïque" s'applique à des plantes dont les fleurs mâles et les fleurs femelles sont portées par des pieds différents; en ce qui concerne l'Antennaire dioïque, il existe des pieds dont toutes les fleurs sont hermaphrodites  (possédant à la fois les étamines d'une fleur mâle et un ovaire), elles sont blanches; et des pieds dont toutes les fleurs sont femelles, elles sont roses. Les bractées de l'Antennaire sont sèches, ce sont elles qui produisent ce bruit de papier de soie froissé. On notera sur la photo que les feuilles situées le long de la tige sont plaquées contre celle-ci, ce qui permet de le différencier du Pied de chat des Carpathes (Antennaria carpatica) qui, malgré son nom, pousse aussi en Vanoise.

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18)Le Séneçon doronic (Senecio doronicum) possède des feuilles oblongues, épaisses, dentées, grisâtres (surtout sur leur face inférieure); les supérieures sont très réduites. Ces caractéristiques permettent de le distinguer des autres orophytes à gros capitule jaune comme le Doronic à grandes fleurs ou l'Arnica.

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19)La Crépide orangée (ou dorée) (Crepis aurea) pourrait être confondue avec l'Epervière orangée (Hieracium aurantiacum) mais chez cette dernière chaque tige porte plusieurs capitules, alors que les capitules de la Crépide sont isolés.

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20)L'Orchis vanille (Nigritella rhellicani) est appelé également l'Orchis noir. L'épi est formé de multiples petites fleurs habituellement de couleur rouge sombre (rarement rouge, rose, voire blanche ou jaune) dont le labelle (on appelle ainsi le plus grand des trois pétales que possèdent les orchidées; il est destiné à attirer les insectes) est curieusement dirigé vers le haut et donc moins visible pour les insectes; malgré cela la Nigritelle attire 53 espèces différentes d'insectes pollinisateurs. (A l'état de bouton, le labelle de toutes les orchidées est dirigé vers le haut mais chez la plupart d'entre elles la fleur subit au moment de l'éclosion une rotation à 180°; le labelle reste orienté vers le haut chez les espèces ne présentant pas cette rotation, cas des nigritelles, ou chez celles présentant une rotation de 360°).

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21)La Campanule barbue (Campanula barbata) peuple les pelouses subalpines pauvres en calcaire. Ses fleurs, bleues clair ou parfois blanches, sont bordées de longs cils, ses tiges et ses feuilles sont couvertes de poils durs. On la trouve dans les Alpes et les Carpathes, mais elle possède aussi quelques stations en Norvège, où elle aurait migré lors des glaciations.

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22)La Raiponce à feuilles de bétoine (Phyteuma betonicifolium) possède une inflorescence allongée qui pourrait évoquer la Raiponce en épi (Phyteuma spicatum) mais cette dernière est strictement forestière (signalons au passage que la Raiponce en épi n'est bleue que dans les Alpes françaises; elle est blanc-jaunâtre ailleurs). Chaque fleur est un long tube étroit d'où sortent les stigmates, et les tubes sont groupés en épis (ou en têtes hémisphériques dans d'autres espèces de raiponces). Lors de la pollinisation, les cinq pétales soudés qui forment chaque tube s'écartent à leur base mais restent soudés par leurs sommets. Les raiponces appartiennent à la famille des Campanulacées et proviendraient de la souche méridionale de la flore tertiaire alpine. La Raiponce à feuilles de bétoine pousse aussi dans les Pyrénées, qu'elle aurait atteintes lors des glaciations.

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23)Les Chrysomèles appartiennent à l'ordre des coléoptères. Le genre Oreina arbore des couleurs métalliques qui seraient des couleurs prémonitrices: elles avertiraient les éventuels prédateurs de leur extrême toxicité. Parmi les espèces montagnardes, citons la Chrysomèle des centaurées (Oreina collucens), de couleur variable (mais toujours métallique) d'une région à l'autre et qui vit -bien sûr- sur les centaurées; Oreina elongata qui vit sur les cirses (et plus spécialement sur les cirses poussant à proximité des adénostyles) au stade d'oeuf  (les larves qui en sortiront seront ainsi protégées par les piquants des cirses) et sur les adénostyles au stade adulte (les adultes tireraient directement de l'adénostyle les produits nécessaires à l'élaboration de leurs toxines).

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24)La Zygène exilée (ou Zygène des sommets ou du Lotier) (Zygaena exulans) présente aussi, et comme la plupart des Zygènes, des couleurs prémonitrices qui signalent aux éventuels prédateurs qu'elle n'est pas comestible: attaquées, les zygènes émettent par leurs antennes et les articulations de leurs pattes de l'acide cyanhydrique. Les ailes antérieures de la Zygène de l'exilée sont ornées de taches rouges sur un fond noir-verdâtre. (Les combinaisons de couleurs prémonitrices les plus utilisées dans la nature sont le rouge et le noir, et le jaune et le noir que l'on retrouve chez d'autres zygènes et chez les guêpes). La chenille  du Zygène exilée vit sur la Camarine noire, le Lotier, l'Airelle rouge, la Myrtille; elle naît à la fin de l'été et hiberne un ou deux hivers avant d'achever son développement; la chrysalide est enfermée dans un cocon blanc luisant, et il existe parfois des dizaines de cocons collés les uns contre les autres, d'où la grande concentration de chenilles que l'on voit par endroits.

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25)Le Doronic à grandes fleurs (Doronicum grandiflorum) affectionne  les éboulis calcaires. La grande taille, aussi bien de ses fleurs que de ses feuilles, étonne dans un milieu aussi hostile! Ses feuilles sont grossièrement triangulaires ou vaguement cordées (c'est à dire en forme de coeur), les inférieures sont longuement pétiolées, les supérieures sessiles. Ses fleurs contiennent un jus sucré très apprécié des chamois. Le genre doronic est vraisemblablement d'origine asiatique.

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26)La Gentiane de Bavière (Gentiana bavarica) pousse sur terrains humides. Aux altitudes moyennes, ses feuilles sont imbriquées en une colonnette le long de la partie basse de la tige, alors qu'elles sont distantes les unes des autres sur sa partie supérieure; en haute altitude, la Gentiane de Bavière a un port plus ramassé et les feuilles forment une colonnette tout le long de la tige: c'est la variété subacaulis. Dans les deux cas, cette disposition permet de différentier la Gentiane de Bavière de la Gentiane printanière (G. verna), chez laquelle les feuilles forment une rosette à la base de la tige.

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27)La Saxifrage étoilée (Saxifraga stellaris) révèle sa beauté quand on observe ses fleurs à la loupe: elles sont constituées de cinq pétales disposés en étoile, avec à la base de chacun d'eux deux points jaunes contrastant avec l'extrémité rose-orangée des étamines. Les feuilles, disposées en rosette, sont spatulées et leur extrémité est dentée. Elle pousse sur sol acide et humide. On la retrouve dans toute les montagnes d'Europe, en Sibérie et dans la région arctique, où elle est surtout, mais non exclusivement, représentée par la sous-espèce comosa dont la plupart des fleurs sont remplacées par des bulbilles. Ceci suppose un parcours complexe: elle serait née en Arctique, puis aurait atteint les montagnes européennes au Tertiaire, avant donc les grandes glaciations; à la fin de celles-ci, le retrait des glaciers l'aurait réentraînée vers l'Arctique et c'est lors de cette migration post-glaciaire qu'y serait née la sous-espèce comosa: cette dernière est en tout cas plus récente que S. stellaris puisqu'elle est polyploïde, c'est à dire que son nombre de chromosomes est un multiple de celui de S. stellaris (sur l'intérêt des chromosomes pour reconstituer l'histoire des fleurs de montagne, consulter l'ouvrage de Favarger cité dans la bibliographie).

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28)Les linaigrettes ont des fruits ornés d'aigrettes plumeuses qui signalent de loin les zones humides. La linaigrette à feuilles étroites (Eriophorum angustifolium) porte sur chaque tige 3 à 6 houppes; au contraire la linaigrette de Scheuchzer (E. Scheuchzeri) a une seule houppe sphérique à l'extrémité de chaque tige.

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29)Le Lychnide des Alpes ou Viscaire alpine (Lychnis ou Viscaria alpina) pousse sur terrains peu calcaires dans les éboulis et les pelouses rases, jusqu'à 3000 m. Ses fleurs, groupées en têtes serrées, aux pétales échancrés, sont roses ou, rarement, blanches.

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30)La Gentiane ponctuée (Gentiana punctata) est une plante calcifuge dont les jolies corolles jaunes ponctuées de noir ne s'ouvrent qu'au soleil. Elles fait partie des "sentinelles de l'hiver", surnom donné aux végétaux dont les hampes desséchées dépassent la neige, permettant à leurs graines de terminer leur maturation pendant l'hiver: la brièveté de l'été en altitude impose des adaptations! Il s'agit de l'une des formes les plus anciennes de gentianes: sa différentiation aurait coïncidé avec le soulèvement des Alpes.

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31)Le Leucanthème des Alpes (Leucanthemopsis alpina) apprécie les pelouses rocailleuses humides pauvres en calcaire et les combes à neige jusqu'à 2900m. Ses feuilles, épaisses, pennées, rappellent la forme d'une main. C'est une Asteracée qui doit à ses fleurs ligulées blanches et à ses fleurs tubulaires jaunes ses deux noms: Leucanthème des Alpes vient de leucos (=blanc) et Chrysanthème des Alpes vient de chrysos (=doré).

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32)Le Silène acaule (Silene acaulis) est indifférent au terrain, avec une légère préférence pour le calcaire. Ses coussinets vont croître progressivement et peuvent vivre une centaine d'années. Quelques coussinets possèdent des fleurs hermaphrodites, mais la plupart du temps ils sont couverts soit de fleurs mâles, soit de fleurs femelles; les insectes (en particulier les papillons) paraissent donc indispensables à leur fécondation.

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33)La Gentiane à feuilles courtes (Gentiana brachyphylla), reconnaissable à sa petite taille (pas plus de 5cm.) et à ses feuilles courtes mais larges, croît sur les terrains siliceux. Résistante aux conditions climatiques difficiles, elle détient le record d'altitude des gentianes: plus de 4000m.

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34)La Pédiculaire arquée (Pedicularis gyroflexa), possède des feuilles de grande taille, pratiquement toutes situées à la base; les fleurs, au bec court, sont tournées de 90 ° sur leur axe; leur calice possède des lobes allongés et dentés. (Les pédiculaires sont des plantes hémiparasites: leurs racines munies de ventouses leur permettent d'absorber l'eau et des sel minéraux dans les racines des plantes voisines; à partir de là, les pédiculaires sont capables d'élaborer leur propre substance. Les feuilles des pédiculaires sont très découpées, rappelant une fougère, et leurs fleurs ont la forme d'une tête d'oiseau). Dans les Abruzzes, Pedicularis gyroflexa n'existe pas et est remplacée par une espèce voisine: Pedicularis elegans; ces deux espèces, dites vicariantes, descendent sans doute d'une même espèce souche qui s'est développée dans les deux massifs à une époque où ils étaient reliés par des chaînes montagneuses permettant les échanges de gènes; après la disparition de ces chaînes, la souche a évolué de façon différente dans les Alpes et dans les Abruzzes, aboutissant aux deux espèces vicariantes actuelles: il s'agit d'une forme de vicariance géographique; il existe de nombreux autres exemples de vicariance (voir à ce mot dans le lexique).

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35)La Renoncule des glaciers (Ranunculus glacialis) a été retrouvée jusqu'à 4275m., malgré son air fragile. On ignore les raisons de cette résistance; tout au plus remarque-t-on qu'après la floraison les pétales se teintent de vieux rose mais ne tombent pas, protégeant les graines. A moins que la fleur ne possède des mécanismes de protection intérieurs?

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36)L'Arabette des Alpes (Arabis alpina) apprécie les rocailles et éboulis humides, de préférence sur calcaire. Ses feuilles basales sont molles, velues, grossièrement dentées.

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37)L'Androsace alpine (Androsace alpina) est une plante en coussinet, forme adoptée par plusieurs orophytes (plantes de montagne): elle donne peu de prise aux vents, fréquents et violents en altitude, et permet à la fleur de profiter de la chaleur emmagasinée par le sol. Peu fréquente, l' Androsace alpine affectionne la terre fine des éboulis siliceux; rare au-dessous de 2700m., elle pousse jusqu'à 4200m. au Cervin.

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38)La Linaire alpine (Linaria alpina) colonise les éboulis quelqu'en soit la nature chimique. Ses fleurs, typiques des gueules-de-loup, riches en nectar, sont le plus souvent mauves et oranges, mais il existe une forme entièrement mauve. La Linaire alpine est un lithophyte (on appelle ainsi les plantes adaptées aux éboulis) rampant: ses stolons sont lâches et extensibles et cheminent à la surface des blocs rocheux. Le Céraiste à larges feuilles appartient à la même catégorie. (Il existe par ailleurs des lithophytes migrateurs comme le Tabouret à feuilles rondes, et des lithophytes fixateurs d'éboulis comme la Benoîte rampante).

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39)La Benoîte rampante (Geum reptans) fréquente les éboulis siliceux humides jusqu'à 3800 m. Elle émet des stolons rouges parfois longs d'un mètre, qui forment un réseau fixant l'éboulis; ces stolons portent des bourgeons qui s'enracinent pour donner de nouvelles plantes (c'est une multiplication végétative). Ses fruits portent des aigrettes rouges en vrille. La Benoîte des montagnes se différentie de la Benoîte rampante par l'absence de stolons.

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40)La Saxifrage à feuilles opposées (Saxifraga oppositifolia) ne craint pas le froid: elle a été trouvée à plus de 4000 m et apprécie les éboulis de toute nature et les moraines arrosés d'eau glacée. Elle semble d'origine alpine mais aurait émigré vers le nord lors des glaciations du quaternaire, on la retrouve au-delà du cercle polaire.

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41)La Saxifrage à deux fleurs (Saxifraga biflora) pousse dans les éboulis calcaires entre 2000 et 3000 m; ses pétales sont soit rouge foncé soit blanc (d'où son nom), spatulés, nettement séparés les uns des autres par un large disque nectarifère jaune.

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42)Chlamydomonas nivalis  est une algue unicellulaire qui pousse en colonies. Elle est formée d'une cellule ovoïde possédant des pigments rouges et se déplace grâce à deux longs cils vibratiles dans l'eau de fonte qui circule à la surface des névés. Celle-ci lui offre des conditions de développement idéales: une température de 0° C (que celle-ci augmente ou diminue de quelques degrés, et l'algue s'enkyste en développant des membranes protectrices); une luminosité extrême; du gaz carbonique et de l'oxygène dissous en abondance; enfin une richesse en particules diverses, en particulier azotées, que la neige a captées lors de sa chute dans l'atmosphère.

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